Cellular Memory
Hi there,
I hope you are doing well despite the morosity of the period. Personnellement, j’ai connu de meilleures heures. D’ailleurs, pour ceux qui me suivent, vous avez dû lire un de mes posts récents dans lequel je disais que j’avais perdu le goût d’écrire…
Et pour cause ; parfois on se demande à quoi bon le faire quand on sait que personne ne lira, que plus grand monde ne lit vraiment et que nous vivons dans un monde régi par le digital et par les écrans…
Nevertheless (j’adore ce terme), I strongly believe in the synchronicity of life, and not even a day after my depressing post, Facebook was sending me a reminder of my third post from a year ago “Inspiration From Above” in which I talk about the need for writing and how it all started for me.
La nécessité d’écrire n’a pas besoin de reconnaissance et de lecteurs, elle est là, quoi qu’il arrive. Et qui sait, peut-être nos mots seront-ils lus après notre départ, comme ceux de ce papa qui ne parvenait pas à communiquer avec sa fille. Après son décès, elle a trouvé un livre qu’il avait caché pour elle et contenant une préface écrite par ses soins. Dans cette préface il lui disait tous ses regrets de n’avoir pas su lui parler et tout l’amour et l’admiration qu’il avait pour elle. Elle a lu ses mots, ils n’auront pas été vains….
Au-delà de n’avoir plus la force d’écrire, je m’interrogeais également sur la suite de ma carrière de chanteuse, actuellement très compliquée et que je remets sans cesse en question. Suis-je assez talentueuse ? Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à être programmée plus souvent ? Pourquoi est-ce aussi difficile ? Tout autant de questions qui mettent le moral dans les chaussettes si on les laisse nous envahir.
Mais voilà, il y a deux jours, ma mère nous a contactés, mes frères, ma sœur et moi, pour nous annoncer que ma grand-mère était dans l’acceptation de son grand départ et que nous devions venir lui dire au revoir. Hier après-midi, je suis donc allée lui rendre visite avec ma fille. Elle est alitée, depuis presque deux ans déjà, mais je ne l’avais jamais vue aussi fatiguée, amaigrie… Sa peau était plus pale et translucide que jamais. Et quand je lui ai demandé comment elle allait, elle m’a répondu, « Je veux partir ». Elle n’avait jamais tenu de tels propos auparavant. Ça m’a bouleversée.
Nous ne sommes pas restées longtemps, car elle a très vite été épuisée et a demandé à se reposer, mais durant la demi-heure où nous avons été ensemble, les quatre générations, ma grand-mère, ma mère, ma fille et moi, nous l’avons passée à chanter. Des voix de femmes d’âges si différents, avec les caractéristiques que donnent le peu ou au contraire le grand nombre d’années à une voix. Je me suis alors rappelée que je portais ce désir de chanter dans mes cellules. Cela me venait d’elle, de ma grand-mère.
Elle avait failli être chanteuse ; à 17 ans, elle avait gagné un tremplin de chant et s’était vu offrir un contrat. Mais lorsqu’elle était rentrée à la maison, toute heureuse d’annoncer cette grande nouvelle à sa mère, celle-ci lui avait décoché une gifle en lui disant qu’elle n’avait pas élevé une prostituée. Son rêve de devenir chanteuse s’était éteint avec cette gifle et ces mots, mais son amour pour le chant ne l’a jamais quittée et il nous a été transmis, de génération en génération.
Voilà donc pourquoi je ne peux pas m’arrêter, it’s in my DNA. I have to sing, just like I have to write. Et si jamais le doute devait me reprendre, alors je penserai à cette jeune fille de 17 ans, il y 80 ans, et à son rêve avorté de devenir chanteuse. Et je continuerai à l’être, pour elle.
Thank you so much for taking the time to read me, and see you next month for new adventures and thoughts!
Xo my dears,
Sam
PS : Manou, Naïa, je vous dédie cette chanson « Le Nouveau Monde«